Interrogé sur place, Oumar Rafiou Diallo, chef de secteur de Doghol Khaldouyabhé, a livré un récit glaçant des circonstances du vol. « Thierno Abdoulaye m’a appelé à 4 h 08 pour m’informer que des bandits étaient venus chez lui, » confie-t-il. Arrivé sur les lieux, il a découvert une mise en scène digne d’un plan soigneusement orchestré.
« Nous n’avons trouvé aucune trace permettant de savoir par où ils sont entrés dans la concession, » déplore-t-il. Une fois à l’intérieur, les voleurs ont neutralisé les accès en brisant les cadenas de la petite porte et du garage, avant d’utiliser l’un des cadenas pour condamner la porte d’une chambre. Pour parfaire leur œuvre et gagner du temps, ils ont également attaché avec une corde les portes des autres pièces faisant face au garage, piégeant ainsi les habitants à l’intérieur.
C’est finalement un jeune homme dormant à proximité du garage, réveillé par le bruit, qui a donné l’alerte. Son frère aîné, parvenu à se libérer, a tenté en vain une course-poursuite en direction du stade. « Ils ont été introuvables, » regrette le chef de secteur, soulignant l’impuissance des riverains face à ces inconnus.
Ce vol spectaculaire n’est malheureusement pas un cas isolé dans la zone de Doghol. « Ce n’est pas la première fois que de tels actes se produisent, » alerte Oumar Rafiou Diallo. « Il y a quelques mois, une autre moto a été volée dans le voisinage. Ici même, en pleine journée, des individus n’hésitent pas à casser des maisons pour voler. »
Il ajoute qu’un modus operandi similaire avait déjà été constaté il y a à peine deux semaines dans le secteur voisin de Sanlya, où deux motos avaient été dérobées. Face à cette situation, le chef de secteur lance un appel solennel aux autorités : « Nous demandons aux autorités de nous aider à sécuriser le quartier. Nous avons trop souffert de cette insécurité. »
Loin d’être un simple fait divers, ce braquage nocturne révèle l’ampleur d’un sentiment d’abandon qui gagne les populations des quartiers périphériques de Labé. Les habitants, livrés à eux-mêmes, attendent désormais une réponse ferme et visible des forces de l’ordre pour endiguer ce phénomène qui menace leur tranquillité
Labé, Bachir Diallo pour Siaminfos.com
